mardi 13 septembre 2011


L’Ordre du Temple – Braveheart ?


Je reprends ici une hypothèse développée par deux écrivains anglais. Elle vaut ce qu’elle vaut, mais elle a le mérite d’avoir été réalisée d’une manière quasi scientifique et historique. Les auteurs tentent de relier lesTempliers aux Maçons via la lutte de Robert le Bruce pour libérer l’Écosse du joug anglais. Ainsi, les auteurs nous emmènent dans un voyage qui se termine en Amérique.
Robert le Bruce
Au Ve siècle, des colons celtes s’établissent en Écosse et fondent le royaume de Darialda. La lutte entre celui-ci et les Pictes dure jusqu’en 843. Le roi Kenneth Macalpin fut sacré en 850 à Scone comme monarque de toute l’Écosse. Durant le règne de Macaplin, l’Écosse reste une terre profondément celtique où l’influence du christianisme sera moins forte qu’ailleurs. La culture celtique y perdure jusqu’au XIIIe siècle, ainsi, lors du couronnement d’Alexandre III en 1249, des rites celtiques furent célébrés : un barde chante la généalogie du roi jusqu’au royaume de Darialda et aux premiers Écossais. L’église n’exerçait qu’une influence limitée en Écosse qui accueille d’ailleurs les survivants de l’église celtique d’Irlande et plus particulièrement les Culdee.
En 1286, Alexandre III meurt sans descendance et à partir de cette date, plusieurs prétendants se disputent le trône. Édouard Ier, roi d’Angleterre, profita de l’occasion pour s’emparer de l’Écosse en jouant sur les rivalités des Écossais. C’est à cette époque que Robert Bruce émerge comme l’un des leaders de la rébellion contre les Anglais. En 1306, Robert est sacré roi d’Écosse. Les Écossais subissent plusieurs défaites, mais commencent à se ressaisir vers les années 1310 grâce à l’application de tactiques de guérillas et à la réception d’importantes quantités d’armes. Les techniques appliquées ainsi que l’apport soudain des armes proviendrait des chevaliers du Temple réfugiés en Écosse après leur arrestation en France et dans d’autres pays européens.
Le 24 juin 1314 (date de la Saint-Jean), se déroule la bataille de Bannockburn dans laquelle les Écossais, bien qu’inférieurs en nombre, remportent la victoire sur les Anglais. Cette victoire serait due, selon les chroniqueurs, à l’arrivée de troupes fraîches à cheval sur le champ de bataille. D’où provenaient ces troupes ? Selon certains historiens, ce seraient des chevaliers du Temple. Une preuve pourrait être l’élévation d’un des vassaux de Bruce, Angus Mac Donald, seigneur de Kilmartin où se trouvaient encore des Templiers selon les deux auteurs du livre. À l’issue de cette bataille, l’indépendance de l’Écosse est vite acquise.
Les Templiers en Angleterre et en Écosse
En Angleterre, les relations entre le Temple et la royauté étaient plus cordiales, Henri Ier accueillit les Templiers qui reçurent plusieurs donations dans toute l’Angleterre. Le roi Richard Cœur de Lion fut même considéré comme Templiers d’honneur. C’est d’ailleurs lui qui leur vend l’île de Chypre. Le maître de l’ordre en Angleterre cosigna la « Magna Charta» de Jean Sans Terre et les maîtres d’Angleterre siégeaient au Parlement.
En Écosse, l’Ordre possédait deux grandes commanderies : Maryculter près d’Aberdeen et Balantrodoch près d’Édimbourg.
Les Templiers seront arrêtés sur l’ordre d’Édouard (poussé par le Pape Clément V). Les chevaliers seront détenus dans la Tour de Londres. Édouard sera peu pressé de faire arrêter les Templiers, ainsi, plusieurs réussirent à s’enfuir. En Irlande, les Templiers ne subirent pratiquement pas de maltraitance, mais, lorsque leurs biens furent confisqués, on ne trouva qu’une très petite quantité d’armes. Or, c’est à cette époque que le roi Édouard se plaignait de livraisons d’armes aux insurgés écossais. En Écosse, ce n’est qu’en 1309 que l’ordre d’arrêt des Templiers arriva et seuls deux membres furent arrêtés. En fait, l’ordre n’était pas exécutable puisqu’à cette époque, la majeure partie de l’Écosse était aux mains de Bruce. Celui-ci étant déjà excommunié et en mauvaise relation avec le Pape ne mit pas en application l’ordre d’arrestation.
Il est pensable que certains Templiers cherchèrent refuge en Écosse étant donné que le continent était devenu trop peu sûr pour eux. Le seul monarque d’Europe à ne pas appliquer l’ordre du Pape était Bruce. Ainsi, il n’est pas interdit de penser que l’Écosse soit un asile après pour les Templiers après 1307.
Ouvrons ici une parenthèse concernant la flotte du Temple. En effet, de l’importante flotte de l’Ordre en Europe, qui croisait dans les eaux de la Méditerranée, de la Baltique, de la Manche et de l’Atlantique, on ne trouve nulle trace après l’arrestation des Templiers. Les documents dressant l’inventaire des biens saisis ne font pas état de celle-ci. Le principal port de l’Ordre sur l’Atlantique était La Rochelle, port charnière entre les îles Britanniques, la Méditerranée et la Baltique.
Si des Templiers ont réussi à s’enfuir par voie de mer, on ne trouve aucune trace d’une flotte arrivée en Angleterre, dans les pays bordant la Baltique ou en Espagne et au Portugal. Il reste deux destinations possibles : l’Afrique ou le Proche-Orient et l’Écosse. Selon les auteurs du livre, la seule destination qui soit plausible reste l’Écosse. Ils en montrent comme preuve l’aide apportée par une troupe de chevaliers durant la bataille de Bannockburn.
Pour en revenir à la destinée du Temple en Écosse, alors que partout en Europe les biens du Temple seront donnés aux Hospitaliers, on ne trouve aucune trace juridique ou scripturaire d’une prise de possession des biens du Temple par l’Ordre des Hospitaliers. Ce ne sera qu’en 1338 que les Hospitaliers réclameront les possessions du Temple en Écosse. Les auteurs du livre apportent certaines preuves selon lesquelles il semble que les Templiers resteront malgré tout propriétaire de leurs biens.
Au début du XIXe siècle, un antiquaire nommé James Maidment découvre un cartulaire des terres templières au sein de l’Ordre de Saint-Jean qui donne la liste de 579 biens. Certaines propriétés du Temple n’y apparaissent pas.

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