mardi 13 septembre 2011

Les Fondateurs :


Les Fondateurs :
Si 9 chevaliers se présentèrent bien devant le roi de Jérusalem en 1119, l’Ordre des Templiers puise son origine bien avant cette rencontre en Terre Sainte…
Il doit sa création à trois personnalités hors du commun :
- Bernard de Clairvaux (futur Saint Bernard)
I.  Bernard de Clairvaux :
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Voilà sans doute un des hommes les plus extraordinaire de cette époque, et peut-être même Le véritable créateur de l’Ordre des Templiers…
Né en 1090 dans une grande famille noble de Bourgogne, Bernard est le troisième des sept enfants de Tescelin de Fontaine (dit le Roux) et d’Aleth de Montbard.
À l’âge de neuf ans, on l’envoie à l’école canoniale de Châtillon-sur-Seine* 1, où il montre un goût particulier pour la littérature. En 1112, il entre à l’Abbaye de Cîteaux, fondée en 1098 par Robert de Molesme, et dont Étienne Harding vient juste d’être élu abbé.
En 1115, Étienne Harding envoie le jeune homme à la tête d’un groupe de 12 moines pour fonder (sur un territoire offert par le Comte de Champagne au retour de Terre Sainte de son vassal Hugues de Payns …) une nouvelle maison cistercienne dans la vallée de Langres. La fondation est appelée « claire vallée », qui devient ensuite « Clairvaux ».
Bernard est élu abbé de cette nouvelle abbaye, et confirmé par Guillaume de Champeaux, évêque de Chalons et célèbre théologien.
Les débuts de Clairvaux sont difficiles : la discipline imposée par Bernard est très sévère. Bernard poursuit ses études sur l’Écriture Sainte et sur les Pères de l’Église.
Il a une prédilection presque exclusive pour Saint Augustin et pour le Cantique des Cantiques : En effet il prononcera pas moins de 86 sermons sur ce Cantique, considéré comme l’œuvre maîtresse attribuée - selon la Bible - à Salomon* 2
Dès sa prise de fonction le jeune Bernard (il n’a alors que 25 ans) va prendre en main toute la politique de l’Occident. Et avec quelle autorité !
Celui que l’on surnommera plus tard l’âme des croisades, tancera en effet vertement rois, papes, évêques et grands vassaux, grands abbés, de Cluny à Saint-Denis et tous plieront, bon gré mal gré, devant ce petit moine au poil roux, dévoré de divine ardeur et de phtisie, qui dominera de son haut esprit la chrétienté toute entière. 
Pour le moment, les gens finissent par affluer dans la nouvelle abbaye, et Bernard convertit même toute sa famille : son père, Tescelin, et ses cinq frères entrent à Clairvaux en tant que moines. Sa sœur, Ombeline, prend également l’habit au prieuré de Jully – les - Nonnains. Dès 1118, de nouvelles maisons doivent être fondées pour éviter l’engorgement de Clairvaux (ex: Abbaye Notre-Dame de Fontenay). En 1119, Bernard fait partie du chapitre général des cisterciens convoqué par Étienne Harding, qui donne sa forme définitive à l’ordre. La « Charte de Charité » qui y est rédigée est confirmée peu après par Calixte II.
C’est à cette époque que Bernard rédige ses premières œuvres, des traités et homélies, et surtout une Apologie, (Ecrite sur la demande de Guillaume de Saint - Thierry), qui défend les bénédictins blancs (cisterciens) contre les bénédictins noirs (clunisiens). Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, lui répond amicalement, et malgré leurs différends idéologiques, les deux hommes se lient d'amitié. Il envoie également de nombreuses lettres pour inciter à la réforme le reste du clergé, en particulier les évêques. Sa lettre à l’archevêque de Sens, Henri de Boisrogues, surnommée par la suite De Officiis Episcoporum (Sur la conduite des évêques) est révélatrice du rôle important joué par les moines au XIIe siècle, et des tensions entre clergé régulier et séculier.
En 1128, Bernard participe au concile de Troyes, convoqué par Honorius II et présidé par Matthieu d’Albano, légat du Pape. Bernard est nommé secrétaire du concile, mais en même temps il est contesté par une partie du clergé, qui pense que Bernard, simple moine, se mêle de choses qui ne le regardent pas.
«  Les affaires de Dieu sont les miennes, dit-il et rien de ce qui le regarde ne m’est étranger ! »
C’est lors de ce concile que Bernard fait reconnaître la milice du Temple dont il rédige lui-même les statuts et leur donne la règle et le costume. En 1610, on a retrouvé 1'acte aux archives de la bibliothèque de Paris, ainsi qu’à Rome et à Dijon. Leur charte définitive leur sera donnée en date de 1163 ainsi que la constitution de 1'ordre.
Devenu une personnalité importante et écoutée dans la chrétienté, il intervient dans les affaires publiques, il défend les droits de l’Église contre les princes temporels, et conseille les papes. En 1130, après la mort d'Honorius II, lors du schisme d’Anaclet II, c’est sa voix qui fait accepter Innocent II.
En 1132, il fait accepter par le pape l’indépendance de Clairvaux vis-à-vis de Cluny.
Dans cette période de développement des écoles urbaines, où les nouveaux problèmes théologiques sont discutés sous forme de questions (quaestio) et d’argumentations et de recherche de conclusion (disputatio), Saint Bernard est partisan d’une ligne traditionaliste. Il combat les positions d’Abélard, approximatives d'un point de vue théologique, et le fera même condamner au concile de Sens en 1140.
En 1145, Clairvaux donne un pape à l’Eglise, Eugène III. Lorsque le royaume de Jérusalem est menacé, Eugène III, lui-même cistercien, demande à Bernard de prêcher la deuxième croisade à Vézelay le 31 mars 1146 puis à Spire.
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Saint Bernard prêchant la deuxième croisade à Vézelay
Il le fera avec un tel succès que le roi Louis VII le Jeune et l’Empereur Conrad III prennent eux-mêmes la croix !
Plein de zèle pour l’orthodoxie, il combattit aussi les thèses de Pierre de Bruys, d’Arnaud de Brescia, et condamna les excès de Raoul, un ancien moine de Clairvaux, qui demandait le massacre des Juifs. En cette même année 1148 il prêche la croisade en Hainaut et séjourne à Mons, la capitale des comtes de Hainaut.
Saint-Bernard fondera jusqu’à 72 monastères, répandus dans toutes les parties de l’Europe : 35 en France, 14 en Espagne, 10 en Angleterre et en Irlande, 6 en Flandre, 4 en Italie, 4 au Danemark, 2 en Suède, 1 en Hongrie.
En 1151, deux ans avant sa mort, il y a 500 abbayes cisterciennes. Clairvaux compte 700 moines.
Bernard meurt en 1153, à 63 ans.
Canonisé le 18 juin 1174 par Alexandre III, Bernard de Clairvaux a été déclaré docteur de l’Eglise par Pie VIII en 1830. On le fête le 20 août.
* 1 Nous y reviendrons plus tard pour expliquer l’importance de Notre Dame dans l’Ordre du Temple… non sans évoquer au passage la tradition celtique et les…Druides.
* 2 Dans sa 17ème épître à Bernard de Clairvaux, Pierre le Vénérable (abbé de Cluny) écrit qu’il lui a fait l’envoi d’une nouvelle traduction du Coran, de l’arabe en latin, exécutée par Pierre de Tolède.
L’appellation, « Les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon » est d’une rare précision et ses termes furent donc choisis avec un soin méticuleux…
Car Salomon est pour les trois religions monothéistes un grand et illustre personnage, roi - prophète et mage, alliant ainsi le temporel au spirituel.
Or c’était le destin même de Bernard de Clairvaux que d’associer l’épée temporelle et l’épée spirituelle !
N’écrivait-il pas au pape Eugène (lettre56) : « Il faut sortir les deux glaives… ! »
Du reste, pourquoi les autres Ordres - antérieurs ou postérieurs – se sont-ils appelés : Ordre de Saint - Jean de Jérusalem, du Saint - Sépulcre, de Saint - Lazare, de Sainte - Marie des Teutons…et pourquoi seul celui des Templiers s’est-il appelé : « et du Temple de Salomon » ? Simplement parce qu’ils y furent logés nous disent les historiens… !
à suivre...
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Hugues de Payns

Pour mener son extraordinaire projet à bien, Bernard de Clairvaux avait besoin d’hommes exceptionnels, s’il fut le concepteur divinement inspiré, Hugues de Payns fut son admirable chef de mission et sa cheville ouvrière.
II. Hugues de Payns
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Il n’existe pas de représentation d’époque d’Hugues de Payns, celle-ci date de 1841
Hugues de Payns est né en Champagne vers 1070 sur la terre de Payens, à environ 10 km de Troyes.
On peut penser qu’à l’image des autres jeunes nobles de son temps, il devint majeur vers l’âge de quatorze ans, puis écuyer d’un chevalier de son entourage, (peut être même du comte de Champagne), et enfin chevalier lui-même vers 1085. (Car on le retrouve mentionné dans une chartre de cette époque comme Seigneur de Montigny).
Il reçut son fief de Payns, soit en héritage de son père, selon l’usage qui commençait à se répandre en ce Xe siècle, soit directement du comte de Champagne.
Il est de fait extrêmement lié à la maison des comtes de Champagne, vassal de ce dernier, il est de plus un seigneur important de sa cour car il appose sa signature en tant que témoin sur des chartes de donations effectuées par Hugues de Troyes, comte de Champagne.
Sur un des actes daté du 21 octobre 1100 il signe Hugo de Paenz, sur l’autre Hugo de Paenciis.
Il est aussi extrêmement lié à Bernard de Clairvaux qui l’appelait : « mon bien-aimé Hugo ».
Il n’est pas certain qu’il ait participé à la première croisade, déclenchée en 1095 par le pape Urbain II et qui s’achèvera par la prise de Jérusalem par les croisés en 1099.
En revanche, en 1104, il accompagne son suzerain Hugues de Champagne lors de son pèlerinage à Jérusalem en Terre Sainte. Il rentre en France l’année suivante, non sans avoir auparavant rencontré en compagnie d’Etienne Harding (l’abbé de l’abbaye de Cîteaux…), le rabbin et kabbaliste Salomon Rachi…!
De retour chez lui, Hugues de Payns épouse une jeune fille noble du sud de la Champagne, Elisabeth de Chappes. Ils auront trois enfants nés entre 1108et 1114, prénommés Gibin, Isabelle et Thibaud (qui deviendra abbé de l’abbaye cistercienne de Sainte Colombe de Sens…).
En 1113, Hugues de Payns signe une charte de donation du comte de Champagne. Le document porte l’inscription suivante : « Hugo, dominus (seigneur) de Peanz ».
En 1114, il repart en Terre Sainte avec 8 autres compagnons et surtout avec l’appui du Comte de Champagne, mais cette fois-ci s’y installe définitivement. Il doit alors se séparer de sa femme qui entre au couvent et y restera jusqu’à la mort de son mari. Le groupe rejoint les chevaliers qui oeuvraient à la protection du tombeau du Christ, haut lieu de pèlerinage, à Jérusalem. Ce groupe vivait alors sous la protection et l’autorité des chanoines du Saint-Sépulcre.
C’est en 1119, après avoir prononcé leurs vœux monastiques devant le Patriarche de Jérusalem qu’ils prendront le nom de Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon.
Hugues de Payns est un homme qui inspire le respect, très proche et très lié à Bernard de Clairvaux, et au comte de Champagne, il dut être un fin négociateur et un excellent diplomate.
C’est lui que Baudoin II, roi de Jérusalem, charge d’une ambassade auprès du pape Honorius II.
C’est lui qui est chargé de négocier le mariage de Mélisende, fille de Baudoin II avec Foulques d’Anjou. (Lequel succédera à son beau-père en tant que roi de Jérusalem en 1131… )
C’est lui encore qui incite Baudoin à s’entendre avec l’Ismaélien Aboull-Fewa, les deux suzerains échangeant Tyr contre Damas. De ces négociations discrètes naîtront des relations qui dureront 80 ans entre les Templiers et les chefs de la sectes des Ismaéliens (à laquelle appartient le « vieux de la montagne » et ses célèbres haschischins)
C’est lui encore qu’Honorius II envoie au concile de Troyes, en 1128.
Hugues de Payns dirigea l’ordre du Temple pendant plus de vingt ans, jusqu’à sa mort en  Palestine le 24 Mai 1136. Il était alors âgé de 66 ans.
Ses funérailles sont l’occasion d’une grande parade templière à Jérusalem.
Sa mystérieuse mission était accomplie…!
A suivre...
crucita

III. Hugues de Champagne
Le troisième homme, celui sans qui rien n'eut été possible...
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Don de la Claire vallée par le comte de Champagne
Il est le troisième fils du comte Thibaud 1er de Troyes et de Adelaïde de Valois. En Janvier 1093, il devient Comte de Troyes, de Vitry et de Bar-sur-Aube. En 1102, il devient le premier comte de Champagne. Il eut pour épouse : 1094 : Constance de France, fille du Roi de France Philippe 1er. Mariage annulé en 1105 faute d'enfants.1110 : Isabelle de Bourgogne, fille du comte Etienne 1er de Bourgogne dit "Tête Hardie". En 1123, Isabelle lui donne tardivement un fils prénommé Eudes de Champlitte qu'il refuse de reconnaître.
N'ayant pas participé à la 1ère croisade, le comte effectue en 1104 un pélerinage en Terre Sainte avec son fidèle vassal Hugues de Payns et vraisemblablement Etienne Harding abbé de Citeaux comme le montre certains historiens, et rentre en 1107.
A son retour, il entretient avec Etienne Harding des rapports privilégiés... Et il apparaît qu'à ce moment, et bien que son Ordre fut plutôt contemplatif que savant, Etienne mit tout son monastère à l'étude minutieuse des textes sacrés hébraïques (ce dont s'étonne fort l'abbé Vacandard dans son livre sur Saint Bernard). Il se fait même aider par les savants rabbins de Haute Bourgogne...!
En août 1114, il repart en Terre Sainte pour un court séjour, accompagné de Hugues de Payns. Revenu en 1116, il reprend contact avec Etienne Harding pour offrir à l'Ordre de Citeaux, dans la forêt de Bar sur Aube, un territoire connu sous le nom de vallée de l'absinthe, avec pour mission d'y fonder une abbaye...
Pour diriger cette fondation, Etienne Harding désigna un jeune abbé, 
Bernard de Fontaine, qui accompagné de 12 moines soigneusement choisis (l'un d'eux avait même été mandé par la Chaise Dieu, bien qu'il ne fut pas cistercien...) créa, au lieu dit, l'abbaye de Clairvaux !
Le comte va dès lors favoriser autant que faire se peut, l'expansion de l'abbaye de Clairvaux fondée en grande partie grâce à ses fonds.
Et Dieu sait, s'ils sont importants ses fonds !Hugues de Champagne est en effet un Grand de France, sa fortune est généralement estimée 4 à 5 fois supérieure à celle du Roi, il est de plus à la tête d'une des provinces les plus importante de France :
Le comté de Champagne, fief parmi les plus puissants du royaume de France, fut en effet au coeur des principaux échanges politiques, économiques, religieux et culturels des XIIe et XIIIe siècles. En cela, l'histoire de la Champagne se confond souvent avec celle de l'Occident et de l'Orient.
Voie privilégiée de circulation, carrefour entre les pays de la Méditerranée et ceux de la Mer du Nord, la Champagne accueille toute l'année à Troyes, Provins, Lagny et Bar sur Aube le plus grand marché commercial et financier de l'Occident médiéval.
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Armoiries des comtes de Champagne XIIe siècle
En 1125, Hugues de Champagne va faire quelque chose d'extraordinaire pour l'époque :Il abandonne tout ! Absolument tout, et ce, pour se mettre au service de son propre vassal ! (ce qui est sans doute unique dans les annales du Moyen - Âge)En effet, après avoir abdiqué, renié femme et enfant, transmit son héritage à son neveu Thibaud IV de Blois, il rejoint l'Ordre du Temple en Terre Sainte pour devenir à son tour un Templier...

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