mercredi 6 avril 2011

ARCHIVES NATIONALES SUR LES TEMPLIERS

L’affaire des templiers (1307-1314) est l’un des épisodes les plus fameux de l’Histoire de France, présent dans toutes les mémoires encore aujourd’hui. Pour démonter les ressorts d’un procès fait à l’ordre militaire le plus prestigieux de la chrétienté, les Archives nationales exposent pour la première fois les pièces essentielles du dossier, tirées du Trésor des chartes des rois de France (série J).





Au crépuscule du 18 (ou 11) mars 1314, le grand maître du Temple, Jacques de Molay, brûlait avec son compagnon, Geoffroy de Charnay, dans les flammes d’un bûcher ordonné par Philippe IV le Bel. C’était l’épilogue d’une longue lutte entre la monarchie capétienne, la papauté et les centaines de templiers arrêtés depuis le vendredi 13 octobre 1307. Pour des raisons politiques, religieuses et financières, le roi de France s’était lancé dans une opération radicale. Tentant de convaincre les autres souverains d’Europe du bien-fondé de la suppression du Temple, harcelant le pape Clément V pour qu’il abandonne sa protection des templiers accusés d’hérésie, le monarque mobilisa son administration et son garde du sceau, Guillaume de Nogaret, pour déconsidérer l’ordre et accaparer ses biens. Passé maître dans l’art de la propagande et la manipulation de l’opinion, il fit ainsi rassembler les représentants de la noblesse, du clergé et des villes de tout son royaume pour obtenir leur soutien inconditionnel.





Le rouleau d’interrogatoire des templiers emprisonnés à Paris (octobre-novembre 1307), formé de 44 membranes de parchemin d’une longueur totale de 22 mètres, donne une idée très concrète de l’ampleur des moyens mis en œuvre pour abattre l’ordre du Temple. Les dossiers préparatoires des conseillers royaux et les rapports qu’ils reçoivent révèlent au grand jour les méthodes de la police et de l’Inquisition, ainsi que l’usage généralisé de la torture et de la prison. Quant aux procès contemporains pour sorcellerie (celui de l’évêque Guichard de Troyes) ou pour hérésie (celui de la béguine Marguerite Porète), ils témoignent aussi de l’atmosphère oppressante d’une fin de règne où Philippe le Bel n’en finit pas de purifier son royaume. Le témoignage postérieur de Boccace, évoqué par un manuscrit du Cas des nobles hommes, fait de Molay une figure attachante, que les néotempliers du XIXe siècle se réapproprient dans leur reconstitution de l’ordre : les archives internes et les objets cérémoniels de l’ordre moderne du Temple illustrent cette ultime résurgence d’un mythe fascinant


Exposition à l'hôtel de Soubise du 2 mars - 16 mai 2011

http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/musee/diaporama-templiers/templiers.html#






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